Transparence, éthos & surveillance

Quels sont les liens entre transparence et organisations ? Quels sont les concepts qu’on associe à celui de transparence ? Est-ce que le numérique modifie profondément la manière dont on pense, promeut et construit la transparence pour les institutions ? Quelles sont les limites de la transparence ? En quoi la question de la parrhesia nous permet-elle de repenser l’éthique de la transparence numérique ? Quelles sont les nouvelles formes de la surveillance, sousveillance et interveillance ?

Voilà quelques questions que j’aborde dans ces différents textes et qui animent mon rapport à la culture numérique, la communication et les organisations.


BLACK MIRROR, TYRANNIE DE LA TRANSPARENCE, SOCIETE DE LA SURVEILLANCE

Dans ces deux chapitres coécrits avec Julie Escurignan nous explorons les liens entre la série dystopique Black Mirror et les concepts de transparence, surveillance, mais également l’évolution de nos ethos numériques dans un environnement médiatique en changement.

Julie Escurignan, François Allard-Huver. It’s More Like an Eternal Waking Nightmare from Which There Is No Escape. Media and Technologies as (Digital) Prisons in Black Mirror. Marcus Harmes; Meredith Harmes; Barbara Harmes. The Palgrave Handbook of Incarceration in Popular CulturePalgrave Macmillan, pp.487-498, 2020, 978-3-030-36058-0.

Dans Black Mirror la thématique de l’emprisonnement est fréquente qu’il s’agisse de prisons physiques ou de formes d’incarcération numérique. Dans ce chapitre, nous nous appuyons sur les travaux de Michel Foucault et les prisons pour questionner notre rapport aux technologies numériques.

Parfois prisons pour le corps et pour l’esprit, la série nous amène à reconsidérer nos usages des technologies. En effet, nos « nouvelles » technologies de l’information et de la communication ne créent-elles pas bien souvent de nouvelles formes de servitude sous prétexte de nous « libérer » de nos anciens carcans ?

Le texte du chapitre (version auteur en anglais) sur Hal : It’s More Like an Eternal Waking Nightmare from Which There Is No Escape. Media and Technologies as (Digital) Prisons in Black Mirror.

François Allard-Huver, Julie Escurignan. Black Mirror’s Nosedive as a new Panopticon: Interveillance and Digital Parrhesia in Alternative Realities. Angela M. Cirucci; Barry Vacker. Black Mirror and Critical Media TheoryRowman & Littlefield Publishing Group, pp.43-54, 2018, 978-1-4985-7353-5.

Dans cette première collaboration avec Julie Escurignan, nous avons fait le choix de nous concentrer sur un épisode particulier de Black Mirror : « Nosedive ». Dans un monde où la notation sociale garantit le statut social, l’épisode suit la descente aux enfers d’une jeune femme obnubilée par son image sur les réseaux sociaux.

Entre personal marketing, quantification de soi et mise en scène de soi, ce chapitre nous permet de travailler sur les concepts d’interveillance et de parrhesia tout comme d’explorer les conséquences pas si lointaines d’un monde devenu un gigantesque panopticon numérique.

Le texte du chapitre (version auteur en anglais) sur Hal : Black Mirror’s Nosedive as a new Panopticon: Interveillance and Digital Parrhesia in Alternative Realities


USER, SURVEILLER, NEGOCIER ET BRACONNER

François Allard-Huver. User, surveiller, négocier et braconner. Les limites de la « transparence » des données. Clément Mabi; Jean-Christophe Plantin; Laurence Monnoyer-Smit. Ouvrir, partager, réutiliser. Regards critiques sur les données numériquesÉditions de la Maison des sciences de l’homme – EMSH, pp.36-54, 2017, 9782735123865.

Dans ce texte, j’explore les liens entre les discours sur la « transparence » et l’ouverture des données. Je m’intéresse tout particulièrement aux dispositifs sociotechniques de l’évaluation et de la gestion du risque environnemental, construit par la Food and Drug Administration aux Etats-Unis et l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments.

La construction de ces dispositifs, leur négociation et les jeux de pouvoir entre acteurs et actrices-institutionnels, professionnels et de la société civile-constituent également les axes de ce travail de recherche. Ces différents cas illustrent comment les acteurs et les actrices utilisent, négocient, surveillent voire braconnent les politiques d’open data.

Le texte édité par la Fondation Maison des Sciences de l’Homme est disponible sur HAL : User, surveiller, négocier et braconner. Les limites de la « transparence » des données


ETHOS NUMERIQUE & TRANSPARENCE

François Allard-Huver. De la parrhesia à la digital parrhesia : ethos numérique, identité et transparence en questions. Itinéraires. Littérature, textes, cultures, Pléiade (EA 7338), 2016, 2015-3.

Publié en 2016 dans la revue Itinéraires, dans le numéro consacré à l’Ethos Numérique, cet article étudie la relation complexe entre ethos et sphère publique.

Je m’appuie sur des travaux précédents sur le concept de digital parrhesia (voir plus bas). J’applique cette recherche à deux cas d’études : la question des faux avis de consommateurs et celle des faux « followers », et la question de faux mouvements de citoyens – astroturfing – sur le Web, construits et manipulés par des lobbys au service de marques ou de causes particulières.

Le texte intégral de l’article est disponible sur HAL : De la parrhesia à la digital parrhesia : ethos numérique, identité et transparence en questions et sur le site de la revue Itinéraires.


TRANSPARENCE & ORGANISATIONS

François Allard-Huver. La transparence, de pierre angulaire à pierre d’achoppement des controverses médiatiques. La communication transparente : L’impératif de la transparence dans le discours des organisations, 2015, 2875583883.

Dans ce chapitre, je pose la question du rôle de la transparence dans les controverses médiatiques pour des organisations françaises et à l’international. Comment est-elle mise en place ? Avec quels impacts et quelle pertinence ? Ce texte s’inscrit ainsi dans des réflexions actuelles en communication des organisations et relations publiques sur la transparence.

Une présentation de l’ouvrage sur le site de l’éditeur, le texte du chapitre : La transparence, de pierre angulaire à pierre d’achoppement des controverses médiatiques.


TRANSPARENCE & INSTITUTIONS

Ce travail est issu d’une réflexion commune avec le Dr. Sun Ha Hong, Professeur à la Simon Fraser University.

Sun-Ha Hong, François Allard-Huver. Governing governments? Discursive contestations of governmentality in the transparency dispositif. Paul McIlvenny; Julia Zhukova Klausen; Laura Bang Lindegaard. Studies of Discourse and Governmentality. New perspectives and methods.John Benjamins Publishing Company, pp.149-176, 2016, 9789027206572.

Comment les contestations des acteurs de la société civile amènent-elles les institutions à remettre en cause leur définition et leurs mises en pratique de la transparence. Comment ces remises en question se traduisent-elles dans des discours nouveaux et circulent au sein des médias informatisés et des réseaux ?

Voici quelques-unes des questions que nous abordons dans cet ouvrage à la croisée de l’analyse critique du discours (critical discourse analysis) et de la philosophie politique.

Vous trouverez ici le texte complet (en anglais) : Governing Governments? Discursive Contestations of Governmentality in the Transparency Dispositif. La description complète de l’ouvrage est accessible chez l’éditeur.


PARRHESIA & DIGITAL PARRHESIA

Les chapitres suivants sont le fruit d’une collaboration scientifique et d’un projet de recherche à l’international avec le Dr. Nick Gilewicz, Professeur au Manhattan College.

François Allard-Huver, Nicholas Gilewicz. Digital Parrhesia as a Counterweight to Astroturfing. Online Credibility and Digital Ethos: Evaluating Computer-Mediated Communication, IGI Global, pp.215-227, 2013, ⟨10.4018/978-1-4666-2663-8.ch012⟩.

François Allard-Huver, Nicholas Gilewicz. Digital Parrhesia 2.0: Moving beyond deceptive communications strategies in the digital world. Handbook of Research on Digital Media and Creative Technologies, pp.404-416, 2015, 978-1-4666-8205-4. ⟨10.4018/978-1-4666-8205-4.ch017⟩.

Ces deux chapitres explorent la notion de parrhesia, proposée par Michel Foucault, au prisme des sciences de l’information et de la communication et d’un environnement médiatique changeant. Nous formulons une proposition à la fois méthodologique et théorique en analysant des cas en communication des organisations, en communication interpersonnelle et en journalisme. Cette recherche toujours en cours s’inscrit pleinement dans le champ vivant et passionnant des humanités numériques.

Les textes des chapitres sont disponibles sur Hal :